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Unsaturated Diptychs

Unsaturated Diptychs
« J’ai réalisé les photographies qui servent de matériau de base à cette série lors de vols en hélicoptère au-dessus de Paris et de ses banlieues, un jour où la lumière écrasait la ville.» Utilisant des logiciels numériques de manière volontairement « inadaptée » pour détruire puis recomposer ses images d’origine, FX Combes transporte notre regard vers des territoires inexplorés. L’artiste aime d’ailleurs à dire qu’il a toujours pensé « qu’il fallait détourner, voire détruire, une image enregistrée (argentiquement ou numériquement) pour mieux la recomposer : en créer une nouvelle». FX Combes a conçu une technique hybride, partant d’un cliché aérien enregistré numériquement pour parvenir à une image qui emprunte à la fois à la peinture, à la trame caractéristique du papier journal, aux anciennes techniques photographiques (proche du calotype…) ou aux technologies de pointe (images satellite ou de drones). Plutôt que d’opposer peinture et photographie, l’œuvre de FX Combes se joue volontairement d’une complémentarité décomplexée entre ces deux médias. Et, comme il le souligne, ses «oeuvres parlent ici d’idée. D’idée de photographie plutôt que de Photographie; D’idée de peinture plutôt que de Peinture ». Au-delà du sujet même, l’artiste s’interroge sur l’image: sur ce qu’elle donne à voir. Les photographies imprimées sur toile, recouvertes d’une ne couche de blanc, s’aventurent aux limites de l’abstrait, tout en gardant un lien immédiatement lisible avec notre monde contemporain, dont elles questionnent la production ininterrompue d’images. Notre environnement quotidien se pare d’étrangeté, accède au statut de pure composition plastique, tout en conservant un certain réalisme, une rémanence de familiarité. L’artiste nous fait découvrir l’urbain sous un jour neuf, parfois inquiétant. Il nous donne accès à une autre dimension, aux accents futuristes mais à l’équilibre structurel rigoureux, largement hérité de la tradition picturale. La forme du diptyque elle-même s’inscrit d’ailleurs comme un élément majeur de l’histoire de l’art, trouvant ses racines dans les peintures sur bois de dévotion du Moyen-âge tardif et de la Renaissance mais ayant également gardé de son attrait pour les artistes modernes et contemporains, comme le prouvent notamment de nombreux exemples dans la peinture nord-américaine. Entre destruction et reconstruction, les œuvres des FX Combes font émerger de nouveaux possibles, grâce à la confrontation de procédés étrangers les uns aux autres. Les légères différences entre les doubles images accentuent le mystère. L’artiste repousse les limites du medium photographique comme de la peinture. Il bouscule nos repères, combat les évidences et les frontières bien dé nies. Aux con ns de plusieurs univers esthétiques, les œuvres de FX Combes sont d’une remarquable profondeur. Les différentes strates superposées, les juxtapositions et subtils décalages, sont autant d’outils par lesquels l’artiste perturbe notre vision et nos carcans analytiques. « Lorsque la machine reprend momentanément le dessus pour imposer sa propre vision, lorsque les outils échappent au contrôle du créateur, le «Ghost in the machine», ainsi que le nommait Arthur Koetler, fait basculer l’œuvre et rend manifeste un monde à la fois proche et inattendu.», dans lequel FX Combes nous invite à entrer de plein pied. Valérie Douniaux, Docteur en histoire de l’art
Unsaturated Diptychs / English TXT
“I have made photographs that form the basis material in this series during helicopter ights over Paris and its suburbs, one day when the light crushed the city.” Using digital software voluntarily “inappropriate” to destroy and reconstruct his original pictures, FX Combes carries our eyes toward uncharted territories. the artist also likes to say he always had thought “it had to divert, even destroy, a recorded image (both silver and digital process) to better reconstruct it: to create a new one.” FX Combes has developed a hybrid technic, starting from a digital recorded aerial shot to reach to an image, which borrows from painting, newsprint, feature weft, ancient photographic technics (example close of Calotype) or advanced technics (satellite imagery or drones). Rather than opposing painting and photography, the work of FX Combes voluntarily plays a laid-back complementarity between these two medias. And as he outlines, his “artworks speak about idea. Idea of photography rather than Photography; Idea of painting instead of Painting.” Beyond the subject itself, the artist questions the image: what it gives to see. the printed photographs on canvas, covered of a ne white layer, venture to the limits of the abstract, in keeping immediately a readable link with our contemporary world, whose its question the uninterrupted images production. our daily environment is adorned of strangeness, moves to pure plastic composition status, while retaining a sense of realism or with familiarity persistence. the artist shows us the city from a fresh perspective, sometimes disturbing. He gives us access to another dimension, with futuristic accents but with a rigorous structural balance, inherited from the pictorial tradition. the diptych form register as a major part of history of art, nding its roots in devotion paintings on wood of late Middle Ages and Renaissance but have kept its appeal to modern and contemporary artists, as it is evidenced by many examples in North-American painting. Between destruction and reconstruction, FX Combes’s works seem to emerge news possibilities, through the confrontation of foreign processes to each other. the mild differences between the double pictures accentuate the mystery. the artist breaks up the photographic medium limits as painting. He hustles our landmark, ghts evidences and well-de ned frontiers. At the edge of several aesthetic universes, FX Combes’s works are remarkable depth. the different layered stratums, juxtapositions and subtle lags, are enough tools by which the artist disturbs our vision and analytic straightjackets. “When the machine momentarily has taken back the upper hand to impose its own vision, when tools escape from creator’s control, the “Ghost in the machine”, as well as Arthur Koetler named it, makes the work tip down and highlights a close and unexpected world.”, in which FX Combes invites us to fully enter. Valérie Douniaux, Art historian